Il aura suffi d’un moment d’histoire pour que Sainte-Mère-Eglise, petite ville de Normandie, devienne le symbole de toute une épopée, de toute une guerre et de toute une nation. Or, il est un brasseur, Jérôme Etasse, qui sait ce que représente pour les américains la commune de Sainte-Mère-Eglise.

Pendant des années, il les a accueillis au camping de la ville, dont il était avec sa femme Laurence, le gérant durant 12 ans. Une vie qui a suivi sa précédente, celle de chauffeur de car grand tourisme. Autant vous dire que du pays, il en a vu le « JéJé ». C’est précisément lors de ces voyages professionnels qu’il a eu l’occasion de découvrir la bière hors de nos frontières, un monde qu’il ne soupçonnait pas. Fort de cette passion pour le produit, née à cette époque, il a eu l’idée de développer une pico-brasserie pour approvisionner directement son camping en bière, en 2014.

De la bière pour les G.I.

Dès le début, avec Laurence, ils ont voulu faire résonance à l’histoire de la ville, qui est intimement liée à la Seconde Guerre mondiale. Pour ceux qui l’auraient oublié, Sainte-Mère-Eglise  fut la première commune libérée le 6 juin 1944, et ce, par les parachutistes américains des 82ème et 505ème  divisions aéroportées. Voilà pourquoi, avec l’aide de leur graphiste, ils ont eu l’idée d’utiliser l’image des Pin-up que les aviateurs dessinaient sur la carlingue de leurs avions de chasse. Le concept était là simple, efficace et cohérent avec l’histoire locale.

C’est donc sur cette base que Jérôme produit la bière du camping de Sainte-Mère Eglise, 100L par 100L d’abord, avec 3 références : la « Pretty Dolly » une blonde type English Pale Ale, la « Wendy Belle » une Irish Red et la « Diamond Lilly » une Porter. Toutes issus de la culture anglo-saxonne : une fois de plus, il y a de la cohérence entre l’histoire, le contenant et le contenu.

Tellement de cohérence que très vite Jérôme décide de proposer la bière sur un marché, puis deux … pour sortir du camping et de sa clientèle touristique et toucher les locaux. Ce qui l’amène à être sollicité rapidement sur des événements ou par des restaurateurs … la machine est lancé et on ne l’arrêtera plus.

De la pico à la micro, step by step.

Au bout de 2 ans, la petite pico de 100L est déjà trop petite, victime de son succès. Il passe sur du 300L, et surtout en cette année 2016, Jérôme passe le diplôme universitaire d’opérateur de brasserie de l’université de La Rochelle. Il parfait grandement ses connaissances, et, est désormais complètement pris par la passion de la bière. Ce qui l’amène, avec Laurence, à prendre une décision forte l’année suivante : vendre le camping et financer une vraie brasserie.

Aujourd’hui, c’est une production de 75 000 Litres qui sort chaque année de sa salle de brassage en 10HL et de ses 4 fermenteurs. Dorénavant tout en iso-bar et automatisé, l’embouteillage file bien plus vite que les débuts de l’histoire où les dimanches étaient voués à embouteiller en famille. Ajoutez à ça une boutique officielle dans le centre de Sainte-Mère-Eglise, et vous obtenez un gros bébé qui ne demande qu’à grandir. Les Normands n’ont pas fini d’entendre parler d’eux. D’ailleurs tout récemment, pour les commémorations du 6 juin 1944, JéJé a créé une blonde aux houblons alsaciens nommé : La 75ème.

Un exemple dans la révolution actuelle

La brasserie de Sainte-Mère-Eglise est devenue une valeur sûre dans cette Basse-Normandie qui se laisse encore désirer au niveau bière. De la place, il y en a encore, mais pas sûr que tous les nouveaux arrivants arrivent à concilier comme Jérôme et Laurence, produits de qualités, marketing, commercialisation et histoire cohérente. Leur brasserie doit être un exemple de projet global cohérent et adapté que les néo brasseur devraient suivre plus souvent. Faire de la bonne bière c’est bien, savoir la vendre c’est mieux.

Plus d’infos : https://biere-sainte-mere-eglise.com/

 

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