Bière & Vin, meilleurs ennemis ?

En cette période de vendanges, qui suit de peu celle de la récolte du houblon, nous est venue l’idée de tenter un parallèle 100% subjectif entre les deux meilleurs ennemis : la bière et le vin.

Car qu’on le veuille ou non, en France en tout cas, les deux se côtoient, se tolèrent, mais ne filent pas franchement le grand amour. Le vin serait chic et gastronomique : c’est sa force, et c’est ce que lui reproche la bière ; cette dernière serait gourmande et populaire : c’est sa force et c’est ce que lui reproche le vin. Pourtant, comme dans les comédies romantiques, les deux ennemis semblent, au fil du temps, trouver de plus en plus d’atomes crochus. Pour une happy end avec embrassade sur un quai de gare ? Pas sûr. Mais voilà déjà 5 preuves du rapprochement :

  1. Quand la bière joue l’ouverture.

De plus en plus de brasseurs travaillent ce que l’on appelle désormais les « bières vieillies ». Comprenez des bières, souvent fortes (Barley Wines, Imperial Stouts, bières triples), laissées en maturation pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, en fûts de bois ayant contenu précédemment cognac, whisky, vins blancs ou rouges. Le résultat ? Des bières enrichies en goûts et arômes boisés, vineux, voire tanniques. Quelques exemples ? La gamme Wilde Leeuw de la brasserie du pays flamand (59), la gamme Coup  de Foudre de la Brasserie Célestin (59), ou encore l’excellente « From Saint-Emilion with Love » de la brasserie Effet Papillon (33) (ancien brasseur 3 Brasseurs !)

  1. Quad le vin jour l’ouverture

Sans doute incités par l’effet de mode suscité par la bière artisanale ces dernières années, quelques maisons de vins commencent à… brasser de la bière, ou y apporter leur concours. C’est le cas, par exemple, de Ludovic Belin, viticulteur en Bourgogne, aujourd’hui vigneron-brasseur. Mais il n’est pas seul : dans la vallée de la Loire, dans le Bordelais, on trouve aussi ce type d’oiseau – encore – rare, mettant à profit ses connaissances viticoles pour produire de la bière.

  1. Bière & millésime

Quand on parle de bière, on n’évoque pas les notions prestigieuses de terroir, cépage ou millésime. Eh bien, c’est de moins en moins vrai ! De nombreuses brasseries, à l’instar de bien des grands vins, commencent à garder certains de leurs précieux flacons plusieurs années en stock. Pour ne les vendre qu’une, deux, trois années plus tard, voire davantage, étiquetées avec le millésime de l’année.

  1. Bière & cépage

Bon, c’est à ce moment-là qu’on fait hurler les puristes, mais qu’importe ! Si l’on parle de cépage pour le chardonnay, le merlot ou le cabernet, pourquoi n’en serait-il pas de même pour l’amarillo, le citra, le fuggle ou le saaz ? Ces variétés de houblon ne participent-elles pas pleinement à l’identité d’une bière, comme un cépage le fait pour un vin ? D’accord, le houblon ne constitue pas la colonne vertébrale d’une bière – c’est plutôt le malt qui jouera ce rôle – mais qu’importe, puisqu’il est ici essentiellement question de sémantique ?

  1. Les bières « champagnes » du Nord

Depuis des décennies, le paysage brassicole possède une arme secrète pour répondre aux coups de menton du vin, et plus précisément du champagne : les gueuzes. Parfois appelées « Champagne du Nord », ces bières aux notes acides et fruitées ne sont pas, en effet, sans rappeler un lointain cousinage avec le champagne. D’autres bières – la Deus par exemple – se vantent d’utiliser des levures de champagne pour la fermentation. Enfin, la mode des « brut IPA », ces bières très sèches, achèvent d’acter le rapprochement bière/champagne.

14 octobre 2019

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